mercredi 28 novembre 2007

GAGE ::: DE VERITÉ EN SERMONS, FAisoNS NOUS un COCOON

Pop_by_raeSIN

C'est comme ça, je prend bon nombre d'images, mes yeux font des clichés, je me poste sous un lampadaire, je cligne, je poste dans ma mémoire, et je poursuis mon chemin. Une vraie dingue. Ouich Ouich, j'assume. De toute façon je ne peux pas faire autrement, mon appareil photo (enfin celui de ma soeeeeeeeurette) est out, et je suis perdue. Je bombarde mon intérieur de ce que mes sens perçoivent. Je suis ouverte sur le monde, en constante recherche de mieux, de sensations grimpantes. Pourquoi faudrait-il que je ne sois pas réceptive ?

Tout le monde envoie des signes : "Tu me plais, je te veux, tu râles ?, tu es beau aujourd'hui, je t'aime, tu me manques, va-t-en". C'est une litanie, un train-train excitant, on se teste tous, on s'évalue. Si quelqu'un est faible, on le chasse, s'il est fort, on veut le battre. Ce n'est qu'une question de sensualité, de feeling.

Si vous vous posez un instant, c'est que déjà vous marquez le temps d'arrêt, celui propice à vous remettre en question. Les gens se dégoûtent, avec rien de moins qu'un quotidien réglé à la baguette, toujours la même chose, les mêmes rituels, les mêmes envies. Pas d'explosions inattendues, pas de chuinchuin pour un rien. Pourquoi faudrait-il que tout soit parfait ? Personne n'ose plus crier sa joie, bon dieu, qu'en diront les voisins ? Personne ne pense plus à la serrer dans ses bras, cette putain de vie.

Jamais, jamais. Et comme les rides se plaqueront, éternelles, les mains se friperont, et on ne gardera qu'une âme blanche, un voile effiloché. On retourne vers la malle de ses 17 ans : sniff, triple waouw, on retrouve ses journaux intimes, ses breloques, bizarreries, les objets fétiches, le nounours amputé d'une jambe. Rien que ça. C'est déjà tout.

Je n'ai pas moins de 6 cahiers de souvenirs, une boîte cadenassée, et près de 500 photos de moi de quand j'étais petite. De mes tas de fardes de l'école secondaire je n'ai rien gardé, de ceux de primaire, j'ai gardé ceux de ma première, l'année où j'ai appris à écrire, à lire, à écorcher mes livres de ma lecture incisive. J'étais fan des voitures plutôt que des barbies, nunuches en tutu. Par contre j'adorais les polly pockets, leur packaging, leur agencement, tout était nickel, jamais de rangement à faire, on ne perdait que les poupées. De mon enfance j'ai tout retenu, parce que c'était mes plus belles années. Il y a eu le vide de mon adolescence, et je revis depuis quelques années, deux ans il me semble. Plus ou moins.

Je n'ai pas fait gaffe au gâchis que j'avais fait autour de moi. Pas de mal pour les autres. Mais ma robe traînait dans une boue collante, à cause de... Je ne pouvais plus avancer, c'était devenu honteux et intenable. Alors j'ai explosé. Je suis chiante, égoïste, solitaire, misérable, une triple andouille, mais je m'apprécie parce que j'ai réussi. Je ne parle pas "dans la vie". J'ai réussi "mon pari" : celui de faire ce que je veux, en faisant semblant de faire comme tout le monde. J'ai déjà dit que j'étais bonne comédienne, non ?

Posté par MWASINONTWA à 23:29 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur GAGE ::: DE VERITÉ EN SERMONS, FAisoNS NOUS un COCOON

    on dit bcp de chose par le biais des sens, parfois, un silence veut tout dire, un regard remplace la parole, less is more...

    Posté par kamelinho, mardi 4 décembre 2007 à 18:04 | | Répondre
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