lundi 26 novembre 2007

YOu kNOW tHAT I'M a SaLe gOSsE

Jolly_by_BeBz

            

Des fois j'ai l'impression d'être chaussée de palmes africaines quand je marche, tantôt l'allure cow-boy des prés, tantôt la grâce d'un mafioso. Mes jambes ne me plaisent pas, plus, et mon stepper m'accuse de son regard ultra méchant et persuasif : faut qu'on remette ça. Le sport en hiver, il n'y a que ça de vrai. Ça donne le tonus qu'on perd, parce qu'il fait moins soleil, parce qu'on s'empiffre tel des truies quadragénaires pendant plus de 3 mois. À chaque jour sa tablette de chocolat, à chaque jour les 5000 marches de la machine de torture. Ce qui est bien c'est que quand tu en descends, tu crois encore être occupé à monter vers le ciel. Très...euphorisant !

Je n'ai rien étudié aujourd'hui, rien foutuch. J'ai la pêche comme contraste à mes autres jours moroses, à mes passes de tristesse. C'est le temps qui veut ça, les gens aussi. Si je ne souris pas, alors tout s'éteint d'un coup, c'est monstrueux. Je tiens la chandelle, essaye de la rallumer, ça me bouffe les yeux, j'en pleure tellement ça fait mal, mais il faut que ça tienne, que ça dure, parce qu'autrement, chaque joie qui passe laisse une nostalgie écoeurante. Et je souffre de cette maladie. Toujours penser au passé, calculer à l'imparfait, revoir son histoire au passé simple. Rien n'est présent, tout fuit avant même d'en écrire l'existence. C'est d'écrire un livre qui n'a pas de page suivante, même si celle-ci apparaît alors qu'on la pense, et cela à l'infini. C'est mordant aussi.

Il faudrait que je me crée un chansonnier. Tous mes textes s'éparpillent sur le sol de ma chambre comme de belles feuilles d'automnes. Très joli, touchant, toute cette spontanéité. Mais le bordel, même si ça fait artiste "què c'è magneufiiiiiique!", pour trifouiller la dedans, c'est intense, et peu comique. J'ai beau me faire les cheveux, si je plonge là-dedans, j'en ressors avec des mèches volantes, le rouge aux joues, la main brandie tenant un minuscule feuillet où se parlent, ridiculement étalés, trois mots magiques, écrits la veille, une phrase à ne pas oublier.

C'est toujours comme ça que ça se passe. L'inspiration est un modèle de détachement de soi, quand ça arrive à nous faire oublier le monde autour, c'est gagné. On se laisse prendre, cela peut durer un instant, une heure, couler par intermittence. Et c'est alors que je cherche désespérement des yeux un bout froissé, quelque chose, n'importe quoi, de quoi écrire. L'illumination est nocturne, diurne, s'éparpille sur mes paupières, revient, me caresse la main. Quand je n'ai pas le temps, que je suis lâche, parce qu'il est tard, et que je me débats dans mon lit pour résister, au pire, je me dis que je m'en rappellerai. Du poème, du texte, de la sensation. Mais ça me gagne toujours, la peur que tout s'envole, alors je sors la main de sous la couette, éparpille le tapis de papier qui s'est posé à mes pieds, pour tomber sur un crayon, écrire. C'est ma seule arme. Je n'arrive même pas à en être fière. C'est toujours le regard d'un supérieur à soi que l'on cherche, pour qu'il juge de notre travail. Mais on m'a trop malmenée, en français, toujours nulle, jamais rien dans le crâne. Sale gosse.

J'ai passé une bonne journée.

Posté par MWASINONTWA à 18:14 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur YOu kNOW tHAT I'M a SaLe gOSsE

    Bel article

    Ce que j'aime dans ton article c'est la sincérité avec lequel tu l'as tapé et surtout ces contrastes entre je me sens bien,j'ai la pêche et l'état inverse qui montre bien l'état d'esprit des personnes en général.

    Chapeau ton article

    Posté par koyuki72, lundi 26 novembre 2007 à 18:58 | | Répondre
  • ^j'suis d'accord, mais tu c ke j'adore ton écriture tu devrais être fière de tout ce ke tu écris.

    Posté par Gauvain, mardi 27 novembre 2007 à 02:18 | | Répondre
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