mercredi 16 avril 2008

Le Grand Problème De La Bise Occidentale

Tout le monde fait la bise.

Je sais pas d'où ça vient, qui est le turlututu chapeau pointu qui a inventé la coutume de se coller aux joues de tout un chacun mais il devait être drôlement inspiré. En BelgiK, c'est un bisou, deux en France, 3 en Hollande, quelle joie. C'est soi-disant un signe de reconnaissance de l'autre, notre manière de lui prouver qu'il existe au bonjour, comme au bonsoir. Mais, Jacqueline, ça te donne pas mal de tête ?

Je n'ai jamais eu ce besoin latent que d'embrasser toutes les personnes qui me côtoient parce que justement, ne pas le faire m'assurait d'une certaine manière que je les reverrais le lendemain. Se quitter pour mieux se retrouver, faire comme si les heures qui nous avaient séparés n'étaient que des minutes, des secondes, du vent.

Puis il y a aussi caché derrière tout ça, mon ambiguïté sans cesse délivrée, pour fausser la piste de quiconque voudrait me suivre derrière les pans du chapiteau de mes secrets. Je n'aime pas me livrer, je n'aime pas toucher, sentir, frôler sans cesse. Sauf par intérêt. Sauf quand j'aime. Et encore, je peux ne rien faire, il n'y a pas de règles.

Je me souviens qu'avant, je considérais EL BESOS comme la trappe d'intimité, permettant de toucher à l'autre. On s'approprie l'espace d'un instant la peau d'un individu, sa rugosité, ou son velouté, les effluves du parfum discret niché dans son cou. Je laissais miroiter les romances dans ma tête, je prenais la pression sur ma joue comme un signe d'amour respectif, caché des autres derrière la conventionnalité du baiser quotidien.

the_kiss_by_jking1972

Puis j'ai commencé à dériver. Je faisais la bise quand je voulais, je stoppais nette toute future embrassade sous prétexte de mon ennui, la soudaine envie d'aller aux toilettes pour me rafraîchir le visage s'insinuait de manière récurrente dans mon esprit. Je tendais la main à l'interlocuteur, je faisais comme les mecs.

C'était pratique.

M'enfin, vous allez me dire, ce n'est qu'un malheureux lèvres à joue, que puis-je bien y reprocher si ce n'est la proximité ? Je m'insurge juste contre le fait que nous fassions certaines choses par obligation, et pas selon nos envies. Il se peut que l'atmosphère prenne une teinte lunatique, que vos amis s'en retourne vers des horizons plus ordonnés, je m'en bats l'oeil avec une patte de mouche. Si on ne peut plus apprécier un moment parce qu'il se répète dans le temps comme une horloge pointilleuse, ça me branle.

Donc cette bise m'énerve, gna gna gna, elle fait passer par monts et merveilles mais tu te rends vite compte de la supercherie. T'as le type qui pue que tu ne veux même pas toucher de loin, la nana qui te fait descendre ta people attitude à moins l'infini juste en lui lançant un regard, il y a le perdu de service, la tante névrosée, la pétasse de service qui t'adoooooooooore même quand tu chiales. Tous ces gens, tu dois leur faire la bise. J'insiste, avec les deux lèvres bien appuyées sur leur jouninette, parce qu'on braque les yeux sur ta caboche quand bien même tu ne fais rien de mal. Si tu refuses, on demande si une mouche tsé-tsé t'a piquée. Ben non, c'est juste que faut faire des choix dans la vie. De qui on veut s'approcher, et de qui on s'interdit carrément tout contact...

J'ai fait le choix malheureux de ne faire la bise que très peu souvent. Parce que quand je suis là, on le sait, on l'entend, on le voit. Pas besoin que j'en rajoute, tout le monde deviendrait dingue si je sautais au cou juste pour dire bonjour. Et ce n'est pas parce que je ne fais pas un "cheek to cheek" que j'aime moins pour autant. Il y a cette nuance qui me différencie de ceux qui ne comprennent pas mon attitude : une bise n'est rien comparé à ce que je vis. C'est une foutaise, une tarte à la crème, une grande farce que je préfère me garder pour un autre moment. J'ai aimé des gens, j'ai soutenu des personnes, j'ai tenté de faire de mon mieux.

Le reproche d'un baiser oublié est le signe d'un amour que j'aurais négligé. J'y fais gaffe.

Be_Free_by_jeffreyverity

Posté par MWASINONTWA à 21:33 - - Commentaires [8] - Permalien [#]


Commentaires sur Le Grand Problème De La Bise Occidentale

    et la gastro alors !!

    Héhé ! J'adore
    T'as pas dit qu'en plus les scientifiques considèrent que c'est un très bon vecteur de contamination de différente maladie: Gastro, bouton de fièvre, etc.

    Posté par Camuzic, mercredi 16 avril 2008 à 10:45 | | Répondre
  • Bise....pffff

    Je ne fais pas la bise à tout le monde. Je n'aime pas trop cette marque systématique qui au final ne signifie plus grand chose.
    Voila c'était mon heure grincheuse

    Posté par Noisy guitar, mercredi 16 avril 2008 à 12:57 | | Répondre
  • une bonne poignée de mains

    je regrette le temps ou l'on faisait la bise à la famille et à quelques proches aux autres une bonne poignée de main authentique et fraternelle.
    Maintenant on se "lèche" la figure au travail, dans la rue, au sport, etc...c'est vraiment pas très...propre...

    Posté par Auzelles, mercredi 16 avril 2008 à 17:48 | | Répondre
  • t'es trop rebelle et anticonformiste

    Posté par kikoolol, vendredi 18 avril 2008 à 17:45 | | Répondre
  • si tu savais comme ça me parle ce billet... je suis moi aussi une rebelle de la bise de courtoisie, pour faire style ami-ami, tout le monde s'aime... je me sus rendue compte que ça me mettait parfois à l'écart, mais je m'en fous, je persévère...

    ps : ("t'adoooooooooore même quand tu chiale"... avec un s c'est mieux... allez sans rancune, on se claque une biz ? yeaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Or-gas-mi-que

    Posté par Le Chat, vendredi 18 avril 2008 à 19:02 | | Répondre
  • Je revendique le droit à la bonne poignée de main sans être regardée bizarrement parce que "Oh mon dieu pkkk tu l'aimess passsss, le veeeeeeeent lolllolol !".

    Laissez nos joues tranquilles.

    Posté par Beautiful.l0ser, samedi 19 avril 2008 à 18:56 | | Répondre
  • sans les comms

    je lis même pas les comms (sortant de la lecture de l'article) et je te dis ceci :
    que l'hypocrisie relèvede la simagrée, cemla ne fait aucun doute
    que la promiscuité, le contact de l'autre te soient pénible, c'est ton histoire, qui n'a pas à être mise en doute
    mais conçois, juste un moment, un monde sans contact, sans émotion directe, sans cet abandon de soi au contact de l'autre, même furtivement, même par politesse, même avec une intime répugnance... et c'est "Farhenheit 451" qui a raison.
    il y a des risques à prendre, qui n'ont rien à voir avec une assurance-vie, mais assurent à la vie une pérennité au-delà de la survivance.
    ce risque à prendre, celui du contact, a pour nom : civilisation.

    Posté par May Nat, dimanche 20 avril 2008 à 03:21 | | Répondre
  • REPONSES - BLABATOUILLE

    CAMU >>> super frais hein gars. J'allais pas casser ma poésie naturelle avec un rappel des méfaits du bisou. Tu pouvais aussi rajouter les herpès, boutons de fièvre, et autres joyeusetés du genre..

    NOISY >>> si elle ne signifie plus grand chose c'est juste que des gens comme moi ne se contentent plus de ça. Et ne veulent pas le faire juste parce que "tout le monde le fait". Ce n'est pas de la dissidence, c'est un respect de mes envies, rien que ça.

    AUZELLES >> perso, je ne me suis jamais faite "lèchée" par des amis pour un bonjour. Drôle d'idée..

    KIKOOLOL >>> bof.

    LECHAT >>> rhaaaaaaan ! merci pour la correction ^^ , si c'est pas chou ça..
    C'est surtout venu de l'hypocrisie des gens qui m'entouraient que je faisais ça. C'est qu'un poutou, un en plus, un en moins, il n'y a que ceux d'un namoureux tout plein qui vaillent la peine.

    BEAUTIFUL LOSER >>> déchire ce nom. Sinon, rien à voir, mais mon père a serré la main de drucker, et c'était un rendu assez mou. Le michel n'aime pas les contacts sociaux. Aberrant.

    MAY NAT >>> Effectivement, il relève ici de mon histoire personnelle, ce qui m'encourage à continuer dans ce sens. De toute manière je n'ai jamais été la reine des "que je m'jette à ton cou pour t'fout' une bise hein !". Je ne suis pas réservée en aucune manière, juste que je n'ai peut-être pas vécu les bonnes histoires avec les bonnes personnes.

    Farhenheit 451, on en est encore loin, il ne me semble pas que cela soit le même sujet par ailleurs, on ne parle pas ici de réelle dissidence par rapport aux lois établies, ni de principes anarchiques qui cherchent à se faire valoir, ayant été auparavant des lois mais qui sont devenus subversion par l'établissement d'un ordre absurde.

    C'est que des bises qui ne s'envolent pas de mes lèvres, ce ne sont que des charnières de mon coeur qui ne laissent pas s'ouvrir ma matière aux autres. Quand on est malmené, on se retranche. Puis on s'arrange pour ne plus connaître la même chose. Le bisou c'est un bout de l'iceberg comme on dit.

    J'en fais pas de moi un cas social. J'ai matière pour accrocher.
    M'en vouloir pour une bise, on en revient à la dernière phrase que j'ai écrite,

    "Le reproche d'un baiser oublié est le signe d'un amour que j'aurais négligé. J'y fais gaffe."






    MERCI POUR VOS COMMENTAIRES.

    Posté par M. Pones, dimanche 20 avril 2008 à 19:53 | | Répondre
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