dimanche 10 février 2008

La campagne qui pue : extrait

La_campagne_by_pQrQdox

Autant dire que plus dans le gaz que moi, il n'y a pas. C'est même pas une question de "je suis faignante, je fous que dalle", c'est juste que j'ai de la brume qui se colle à mes cils et t'as beau te laver le visage, ça part pas ! Rien, je n'ai rien fait, c'est pas moi, c'est pas ma faute, c'est juste le temps qui veut ça. Il fait beau, je me morfonds, il pleut, j'applaudis. Difficile de comprendre la Belge que je suis, mais sachez que je ne suis pas une fana des ballades à la mode campagnarde. Du genre, les pieds dans les bottes, les champs à perte de vue, c'est comme ça chez mon père, c'est beau mais juste à travers la fenêtre. Une fois dehors, tu veux même pas faire deux pas. le froid est mordant, la brume de mes yeux s'est éparpillée, mais c'est mes lentilles qui crient au secours, j'ai presque la larme au coin de ma mirettes. Pitié, laissez-moi rentrer.

Alors on t'explique que la vie c'est des moments qu'on aime et qu'on aime pas, qu'il faut savoir apprécier l'odeur du purin qui se dégage de la terre labourée. Tu croises un tracteur, très bien, deux vaches, tu te poses des questions, un troupeau de mammouths, c'est un cauchemar. Errante en plein territoire flamand, je m'en fous je suis bilingue, lâchez-moi en pleine nature et je convertis les forêts aux joies du melting pot. Waterzooï et Stoemp carottes, tu vas voir ce que tu vas voir.

Peut-être que c'est moi, ma misère, ma peau, mes os, mon sang. Peut-être que c'est ma manière d'être, mes crasses, mon accent magnifique. Toujours est-il que jamais je n'obligerai mes enfants à des escapades quotidiennes dans les bois, sur les vallées, les pieds niqués par les passages caillouteux, on a le temps de regretter le bitume quand on est perdu en brousse rurale. Je ne te parle même pas du slalom incessant, pour éviter les caravanes de chevaux qui passent sans arrêt, les troupes de scouts, les clubs du troisième âge, tous trop contents de piailler au grand air. Je leur en foutrais moi.

C'est plus du vécu ce que je raconte, j'ai pas fait ça ce week-end, faut dire que mon état de convalescente joue pour beaucoup dans la balance. Peux pas sortir, peux pas aider, peux que dormir dans le canapé. Je crois que je suis en train de développer un don de comédienne accru, où je simule l'évanouissement passager avec une excellence à peine voilée. C'est Hollywood qui va être aux anges...

Posté par MWASINONTWA à 20:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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