mercredi 26 décembre 2007

La Maussade

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J'ai un peu de mal à mettre la machine en marche.  D'abord parce que je déteste les examens, ensuite parce que ça ne m'intéresse pas outre-mesure de rester pendant des heures dans ma chambre, un syllabus collé sous le pif en attendant que bourrage de crâne se fasse. J'ai la science infuse, pas besoin de tout ça, la preuve, je sais comment faire briller des cheveux ternes, pourquoi les mecs sont machos, et encore mieux, je sais faire chier mon chat au point qu'il s'en mord les jarrets.
   
    Mes jours de fénéantise je les appelle mes jours de rien. Pas parce que je reste couchée à terre ou sur mon lit, mais bien parce que ces 24h là sont remplies d'un vide astronomique pour quiconque de banal viendrait me voir. Là est l'astuce, je ne fais pas la carpette.
   
C'est là qu'interviennent mes phases créatives. J'écris, je badigeonne mes doigts de peinture, j'écoute de la musique, je regarde un peu ce qui a bien pu se passer dans le monde pendant que j'étais sous ma douche, ou quand je mangeais mes brioches au matin, une tasse de café coincée sur mes genoux. Tout est question d'organisation.
C'est aussi les jours de grand bordel, tout est complètement sens dessus-dessous, la lumière qui passe par ma fenêtre est relativement maussade, et Jean Luc Delarue parle de viols sur FR2.
   
    Tout un programme.
   
Je pense que c'est un cachet que l'on a apposé au tiers de l'année : aujourd'hui, jour tristounet tu seras. Alors tous les objets de la maison se passent le mot, et cela prend une tournure grotesque. Mes cheveux sont électriques, je me coupe le doigt, il n'y a plus de lait dans le frigo, je rate mon coup et me met la brosse du mascara dans l'oeil, il pleut uniquement sur ma pente de toit, et tout le monde me demande si ça va bien côté caboche. Comme ça me contrarie, je retrousse mes manches, et me dirige d'un pas bien élancé vers les marches. Arrivée au second palier, ma chambre, mon cocon de lumière. Repos soldat.
   
C'est dans ces moments-là que la musique prend tout son sens. Je me calme, me ressource, et me fais plaisir par la simple écoute d'un morceau de Jamie Cullum. J'ai du jazz, du rock, de la pop sous le capot, les notes se baladent entre mes neurones, se cognent contre mes zones d'imagination. Alors je me couche à terre, un casque collé sur les oreilles, le volume ni trop fort, ni au minimum, je relâche la pression, mes doigts se collent au parquet. Je sens les rainures du bois, ne sais plus où se trouve le centre de gravité, je suis en apesanteur morale. Après ça, c'est comme de fumer un joint, il n'y a plus rien qui compte plus que de regarder le monde avec des yeux embués de larmes, parce que c'est beau, parce qu'on perd son temps à râler. La journée se termine bien.
 

Posté par MWASINONTWA à 18:56 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur La Maussade

    Je m'y retrouve un peu dans tout ça. Les jours où l'on n'a rien à foutre, et même si on avait quelque chose à faire, on serait trop flemmard pour se bouger. Des jours de vide "intersidéral" (oups j'ai un doute sur l'orthographe!), et des jours où l'on se sent un peu con aussi! lol

    Posté par Lyly, lundi 7 janvier 2008 à 16:21 | | Répondre
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